Le CHAMPENOIS
Escorteur Rapide E52A
 
Mis sur cale le 20 août 1954 aux Ateliers et Chantiers de la Loire à Nantes, Le Champenois est lancé le 12 mars 1955. Comme les sept premiers E-52A, et en tant que tel, il est construit sur financement américain au titre du PAM (Programme d'Aide Mutuelle). Il porte d'ailleurs le numéro DE.1011 dans la nomenclature de l'US Navy.
 
L'escorteur rapide Le Champenois à la mer (1967).
 
Baptisé le 21 juin 1956, il est admis au service actif le 1er juin 1957, basé dans un premier temps à Toulon au GAASM (Groupe d'Action Anti-Sous-Marine).
Il est affecté à Brest le 13 septembre 1961 au sein de la 3ème division d'escorteurs rapides (escadre légère). Le Champenois est le dernier escorteur rapide a participer aux opérations d'Afrique du Nord jusqu'au 21 novembre 1961.
Il sera mis en réserve quelques mois à Brest, en 1970, avant d'être réarmé. Au printemps 1972, il assure l'escorte du Commandant Bory du Cap (Afrique du Sud) à Cherbourg, lors du retour pour refonte en métropole de cet aviso-escorteur.
On retrouve Le Champenois ensuite aux Antilles (février et mars 1973), puis comme conserve de la Jeanne-d'Arc, remplacant l'aviso-escorteur Victor-Schoelcher depuis Carthagène en Colombie jusqu'à son retour à Brest le 12 avril 1973.
En mai-juin 1974, il est à nouveau aux Antilles. Le 7 octobre 1974, Le Champenois fait sauter et coule, en tirant 160 obus de 57 mm, le caboteur Ammersee qui dérive en Manche et est chargé de 150 tonnes de dynamite.
Le 8 juillet 1975, il fait sa dernière escale au Havre, avant d'être désarmé à Brest. Il est mis en réserve en août 1975. Restitué en 1976 aux Etats-Unis. Sa coque est coulée par l'US Navy en novembre 1978 en Atlantique.
 
Les commandants de l'escorteur rapide Le Champenois
Capitaine de frégate Beauchesne 1er janvier 1956.
Capitaine de corvette Conquet 6 avril 1957.
Capitaine de corvette Guibert 20 août 1958.
Capitaine de corvette Minvielle 19 septembre 1959.
Capitaine de corvette Borgis 31 mars 1960.
Capitaine de corvette Dadvisard 14 septembre 1961.
Capitaine de corvette Perrier 29 août 1962.
Capitaine de corvette Charpy 28 août 1963.
Capitaine de corvette Martin 10 mars 1965.
Capitaine de corvette Duthoit 7 mai 1966.
Capitaine de corvette Granier 20 novembre 1967.
Capitaine de corvette Nouailhetas 19 mai 1969.
Bâtiment désarmé du 5 janvier au 6 juillet 1970 (lié à la refonte sonar DUBV-24).
Capitaine de corvette Lanxade 6 juillet 1970.
Capitaine de frégate Allanic 13 janvier 1972.
Capitaine de corvette Euverte 28 juin 1973.
Capitaine de corvette Moreau 19 décembre 1974.
 

CARACTÉRISTIQUES :
Longueur: 99,80 m.
Largeur: 10,30 m.
Équipage: 198 hommes.
Tirant d'eau 4,10 m.
Déplacement lège: 1528 t.
Déplacement pleine charge: 1702 t.
Vitesse 27 noeuds (52 kms/h).
 Distance franchissable:
4500 nautiques à 15 nœuds.
Combustible: 390 tonnes de mazout.
Détection:
1 radar de veille combiné DRBV20A puis DRBV22.
1 radar de navigation DRBN-32.
1 radar de conduite de tir DRBC-31.
1 détecteur de radar ARBR-10.
2 sonars dont 1 DUBA-1 et 1 DUBV-1 puis DUBV-24.
Equipage:
A l'origine: 13 officiers, 185 off.-mariniers et QMM.
En fin de carrière: 9 officiers, 52 off.-mariniers, 109 QMM.
Energie - Propulsion:
2 chaudières dissymétriques Indret timbrées à 35 kg/cm² et surchauffe à 385°.
2 turbines à engrenages.
Hélices: 2 hélices.
Puissance: 20 000 Cv (14718 KW).
Vitesse maximale: 27 nœuds (29 nœuds en essais).
Production électrique: 4 diesel alternateurs Renault de 180 KW (720 KW au total)
Armement:
6 canons de 57mm modèle 1951 sous 3 tourelles.
2 canons de 20mm Oerlikon.
12 tubes lance-torpilles de 550 mm pour torpilles K2 puis L3 installés sur 4 plates-formes triples avec valises de recharge.
1 lance-roquettes de 375 mm modèle 1954.
Drôme:
A l'origine: 1 baleinière de 7 mètres, 1 youyou de 3,5 mètres et 1 embarcation pneumatique de 6 places; En 1972 (sauf groupe M): ajout d'un 2ème pneumatique de 6 places.
 
L'escorteur rapide le champenois dans le canal de Kiel,
(juillet 1963, collection Daniel Waché)
 
Evolution principales par rapport aux E50.
Déplacement du lance-roquette de 375mm et installation devant la tourelle de 57mm avant.
Déplacement des 12TLT de l'avant sur les passes milieu bâbord et tribord.
Passerelle fermée et étroite sur les F772 Le Breton et F773 Le Basque.
Passerelle fermée et élargie sur les F774 L'Agenais et F775 Le Béarnais.
Modification de la mature et installation du DRBV-22 dès la construction à partir du F772 Le Breton.
Dans les années 60, remplacement du DRBV-20A d'origine (installé sur F765 à F771) par un DRV-22A avec modification de la mature identique aux derniers E52.
Dans les années 70, remplacement du DUBV-1 par un DUBV-24 sauf pour les 3 ER du groupe M (Le Breton, Le Basque, Le Savoyard).
Le Basque: suite à l'intégration au groupe M en 1964, débarquement de la tourelle arrière haute et remplacement par des équipements de télémesure. En 1978, débarquement du LR 375 et installation pour expérimentation d'une rampe pour missile OTOMAT avec sa conduite de tir Clio associée.
Le Breton: Suite à l'intégration au groupe M en 1968, débarquement de la tourelle arrière haute et remplacement par des équipements de télémesure.
Le Savoyard: Suite à l'intégration au groupe M en 1967, débarquement de la tourelle arrière basse puis de la tourelle arrière haute et remplacement par des équipements de télémesure.
L'Agenais: Reclassé bâtiment d'expérimentations en 1978, il perd sa tourelle de 57 arrière basse pour permettre l'installation et l'expérimentation du SOREL (sonar remorqué léger). A partir de 1980, perte de la tourelle arrière haute et installation pour expérimentation de l'antenne linéaire remorquée ETBF (écoute très basse fréquence) DSBV61 en remplacement du SOREL.
En 1968: 3 escorteurs rapides du groupe M (Le Breton, Le Basque, Le Savoyard) : remplacement de l'embarcation pneumatique de 6 places par 1 embarcation pneumatique de 10 places
 
Baignade le long du bort, depuis l'escorteur rapide le Champenois,
(3 février 1964, photo Daniel Waché).
 
Description de l'armement:
Torpilles:

Dès les premiers escorteurs rapides des torpilles "acoustiques" sont installées. Le premier type a avoir été installé est la K2, dont le poids était de 1100 kg. Elle est suivie par le type L3 à partir de 1962. Celle-ci pèse 900 kg et est longue de 4.30 m. La vitesse n'est que de nœuds, mais la portée est de 5500 mètres, de plus elle peut atteindre 300 m de profondeur.

Lance-roquettes:

L'autre arme anti sous-marine embarquée sur les escorteurs rapides, était un dérivé du "hérisson" de la 2ème guerre. Celle-ci consistait en un lance-roquettes sextuple de marque Bofors de 375 mm. Sur les type E50, celui-ci se trouvait juste devant le télépointeur de 57 mm, sur les types E52, il se situait à l'avant, devant l'affût de 57 mm avant. Cette arme lance une roquette de 2.15 m et de 300 kg à une distance de 3100 m. La cadence de tir est d'une roquette par seconde. Cette arme simple et économique est particulièrement adaptée aux cibles immergées entre 6 et 300 m. Le LR375 n'étant pas prêt à l'admission au service actif des 4 E50, ils reçurent sur leur plage arrière des grenadeurs de sillage qu'ils garderont tout au long de leur carrière.

Mortier de 305mm:

Sur les escorteurs du type E52b, Les Alsacien, Provençal et Vendéen, le lance-roquettes de 375 mm est remplacé par un mortier quadruple de 305mm. Cette pièce est installée à l'arrière, à la place du 2ème affût de 57 mm, juste derrière le télépointeur de 57 mm. Cette arme a également été installée à bord des avisos-escorteurs du type Commandant Rivière.

Artillerie de 57mm:

Les escorteurs rapides reçoivent dès le début une artillerie anti-aérienne de 57 mm, répartie en 3 affûts doubles, 1 sur la plage avant et 2 à l'arrière. Sur la série E52b, le 2ème affût, celui sur le roof de la plage arrière est remplacé par le mortier de 305 mm. Les canons de 57 mm sont de modèle 51, de longueur 60 calibres. L'affût double pèse 17 tonnes. Le projectile de 2.96 kg, est lancé à une vitesse de 956 m/sec, à la cadence de tir de 60 coups par minute. La portée pratique est de 3000 m.

Artillerie secondaire de 20mm:

L'artillerie secondaire se compose de 2 canons Oerlikon de 20 mm. Ces pièces sont située sur chaque bord, sur le roof central à l'arrière de la cheminée, au niveau du mât arrière. Ces canons classiques sans pointage automatisé, ne sont utilisés qu'en dernier recours. Leur portée pratique est de 900 m, l'obus de 20 mm pèse 120 grammes et sa vitesse initiale est de 830 m/sec, la cadence de tir est de 450 coups par minute.

 

L'escorteur rapide le Champenois, aquarelle par Roberto Lunardo (2010).